homélie, 5è Dimanche de Pâques B, 2 mai 2021.



1ère lecture : Actes des Apôtres
Psaume : 21 (22)
2è lecture : 1 Jean 3,18-24
Évangile : Jean 15,1-8
Frères et soeurs en Christ,
Dimanche passé, la Liturgie de l’Église nous a présenté Dieu comme le Bon Berger. C’est-à-dire le bon pasteur de son peuple préoccupé à le guider, l’instruire et le protéger.
En ce 5è dimanche, Dieu est présenté comme le Vigneron attentionné qui prend soin de sa vigne pour qu’elle donne beaucoup des fruits sur les branches, (des raisins). On parle de Vigneron attentionné parce que, comme les spécialistes le savent, le travail de la vigne est trop exigeant durant toute l’année pour avoir une bonne récolte : il faut sarcler, niveler le terrain, enlever les pierres, répandre le fumier, tailler, enlever les tiges gourmandes qui pompent la sève inutilement. Jésus qui a vécu dans les régions des vignobles établit pour nous l’interconnexion qui doit exister entre le Père (Vigneron), Lui le Fils (la vigne) et nous les disciples (les branches) : « Le sarment ne peut pas porter de fruit par lui-même s’il ne demeure pas sur la vigne ».
La réalité fondamentale qui peut orienter notre réflexion en ce 5è dimanche de Pâques en tant que chrétiens est que : – l’être humain est sortit des mains de Dieu qui l’a créé par amour et pour l’amour. – qu’il doit retourner en Dieu après son séjour terrestre. – et durant son séjour terrestre il devra vivre de Dieu pour avoir une vie abondante en lui-même; et la partager avec les autres. Demeurer en Dieu et vivre de Dieu, c’est pareil.
Cet enseignement repose dans l’évangile sur 2 mots : le verbe demeurer (8 fois), et le mot fruits (5 fois). « Demeurer » demande un effort de notre part; mais les fruits nous ne les produisons pas, nous les portons. C’est la conséquence logique de notre connexion à la vigne qui est le Christ. C’est l’Esprit du Seigneur qui nous fait porter des fruits. Parfois nous constatons que nos efforts ne donnent pas des fruits attendus, parce que trop souvent nous espérons nos propres fruits et non ceux de l’Esprit que Saint Paul énumère comme : « l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la douceur, la fidélité, la tendresse, l’accueil ». La foi n’est visible que par les fruits qu’elle porte, par les bonnes oeuvres.
Pour porter les fruits qui font la gloire à Dieu il faut demeurer en Christ. Demeurer ne signifie pas habiter dans une même maison. Les époux n’habitent pas dans la même maison, ils demeurent ensemble dans la même maison. Demeurer demande de partager la vie, l’intimité, la communion avec les autres personnes, comme le Christ qui demeure en nous partage gracieusement avec nous son Esprit, son amour, sa bonté…

Qu’est-ce que Le Seigneur attend de nous lorsqu’il nous dit : « Demeurez en moi… »? demeurer en Christ :

  • C’est d’abord écouter, garder et vivre de sa Parole.
  • Être conscient de son incapacité de mener par soi-mêmeune vie de sainteté. C’est prendre le Christ comme la référence et l’appui de nos pensées, de nos paroles et de nos actions.
  • C’est fréquenter régulièrement son Église qui est son Corps Mystique et ne pas se considérer comme chrétien solitaire. C’est une contradiction.
  • C’est mener une vie sacramentelle (confession, eucharistie), une vie de prière.
  • C’est mener une vie active caractérisée par la charité, la tolérance et le pardon
    La liturgie d’aujourd’hui nous rappelle qu’il faut entretenir une relation régulière avec le Christ, afin que notre foi et notre engagement ne s’éteignent pas comme la flamme d’une lampe qui manque d’huile. Comme une branche coupée de l’arbre. Grâce à la sève vivifiante de la vigne, les oeuvres de bonté peuvent se produire et se multiplier pour bâtir un monde fraternel où il fait beau vivre.