Homélie: 13e Dimanche ordinaire A 28 juin 2020

1re lecture                     2 Rois 4,8-11.14-16a

Psaume                             88 (89)

2e lecture                         Romains 6,3-4.8-11

Évangile                             Matthieu 10, 37-42

Il convient de rappeler que l’Évangile de Matthieu regroupe les enseignements de Jésus en cinq grands discours.

  1. Le Discours de la Montagne où comme Moïse, Jésus trace les grandes lignes qui mènent au Royaume des cieux. (Il commence par les Béatitudes: Heureux les pauvres, les humbles, les miséricordieux … Le Royaume des cieux est à eux).
  2. Le Discours apostolique où comme un bon coach, Jésus instruit ses apôtres pour faire d’eux des disciples missionnaires. (En route, pas des sandales, ni tunique, ni pièce de monnaie… Apporter la Paix dans toute maison où vous serez reçus).
  3. Les paraboles qui expliquent la nature mystérieuse du Royaume des cieux. (Un petit grain qui devient un grand arbre… Levure dans la pâte..)
  4. Les règles de conduite des disciples du Christ. (La correction fraternelle en cas de conflits, la paille et la poutre dans les yeux…)
  5. Le discours de la fin des temps sur le jugement dernier basé essentiellement sur la loi de l’amour

L’évangile de ce jour est la conclusion du discours apostolique où Jésus donne le portrait type du disciple missionnaire. Ceci nous concerne et rejoint la Vision de notre paroisse Saint-Joachim: « Devenir une paroisse missionnaire qui vise à faire des disciples ». Dans sa pédagogie Jésus utilise souvent des exemples forts pour graver un enseignement dans les cœurs de ses auditeurs. Par exemple arracher son œil, couper sa jambe pour entrer dans le royaume borgne au lieu d’aller dans la géhenne avec les deux yeux ou avec les deux jambes…  Jésus dit ici : qui aime son père, sa mère, sa famille et même sa vie plus que moi…  Qui ne porte pas sa croix pour me suivre n’est pas digne de moi, ne peut pas être un bon disciple missionnaire. Jésus ne dit pas « n’aimez pas votre père, votre mère votre famille…Non! Il connait le 4è commandement de Dieu « honores ton père et ta mère… ». On peut comprendre ce que Jésus dit par un exemple: Pour un jeune couple qui désire acheter une maison, tout devient subordonné à ce projet prioritaire. On sacrifie les loisirs, l’habillement, les cinémas, les vacances, on sollicite des heures supplémentaires au travail malgré la fatigue. C’est un choix à faire, cela ne veut pas dire que ce sont des mauvaises choses. Jésus dans cet évangile nous dit que: Aimer le Christ plus que tout renforce, purifie et authentifie tout autre amour que l’on peut avoir pour toute personne: son père, sa mère, ses amis, sa famille et même sa propre vie. Cela nous amènera à aimer notre père, mère, notre vie comme Jésus les aime.

Qui vous accueille m’accueille.
La première mission de disciple n’est pas d’apporter des connaissances ni des solutions aux problèmes des gens mais de leur apporter une Personne Vivante : Jésus Christ. Voilà pourquoi Jésus dit qui vous accueille m’accueille; qui m’accueille accueille celui qui m’a envoyé. Qui accueille un prophète en sa qualité de prophète recevra une récompense de prophète. Dans la 1ère lecture, un couple sunamite sans enfant reçoit le prophète Élisée lui offre une hospitalité, Et Dieu l’a comblé de joie en lui donnant un enfant. Nous l’avons entendu aussi avec Abraham qui avait reçu trois envoyés de Dieu sans les connaître et il a eu la consolation d’avoir un enfant dans leur vieillesse avec sa femme.
Nous lisons dans Hb 13,2: « N’oubliez pas l’hospitalité. Elle a permis à certains, de recevoir sans le savoir chez eux les anges ».
L’enseignement que nous pouvons tirer de cette liturgie est que: on ne peut pas devenir disciple missionnaire, sans renoncer de façon radicale à certaines attaches du monde. En d’autres termes, être disciple missionnaire, c’est faire un choix ultime du Christ au-dessus de tout, c’est répondre à un appel pressant et exigeant qui demande abnégations et sacrifices.