Homélie 3è Dimanche Carême B, 7 mars 2021

1ère Lecture       : Exode 20,1-17

Psaume               : 18b (19)

2è Lecture          : 1 Corinthiens 1,22-25

Évangile              : Jean 2,13-25

Frères et sœurs en Christ,

Dans notre cheminement de Carême vers Pâques, nous arrivons à la troisième station (3è dimanche de carême).

Après le désert des Tentations (1èr dim.) et la montagne de la Transfiguration (2è dim.); notre train « Carême » nous amène avec Jésus au Temple de Jérusalem.

Le désert, la montagne et le Temple sont des grands symboles et les repères fondamentaux de l’Histoire Sainte et de la Foi juive. C’est par ces symboles qu’Israël s’est reconnu en Dieu, et s’est rapproché de Lui. Les minimiser ou ne pas en avoir la considération était un blasphème passible de la mort.

Au désert Israël confronté à des dures épreuves, a fait l’expérience de Dieu. De la Montagne il a reçu les commandements de Dieu qui a fait de lui son peuple. Au Temple la demeure de Dieu, il vient dire sa gratitude, lui rendre le culte avec les offrandes en guise de sa dépendance à sa souveraineté. 

La marche de Carême avec Jésus nous met sur les traces de nos ancêtres dans la Foi et nous introduit spirituellement dans l’ensemble de l’Histoire du Salut. Saint Pierre dira:  » Vous n’êtes plus des étrangers ni des gens du dehors; vous êtes concitoyens des saints; gens de la maison de Dieu ». Eph 2,19.

Mais dans l’évangile, la colère de Jésus au Temple nous interroge. Avec le fouet, il chasse les vendeurs et renverse les tables des changeurs. Pourtant depuis douze ans il a fréquenté ce Temple; ses parents y ont acheté des tourterelles lors de sa Présentation. En plus, ce trafic au Temple, facilitait la tâche aux nombreux juifs de la Diaspora qui affluaient à Jérusalem à Pâques. La monnaie de la diaspora n’ayant pas de valeur en Israël; et ne pouvant pas transporter les bêtes pour offrandes de si loin (de la Grèce p.ex.), ils faisaient des échanges en monnaie locale au Temple pour pouvoir acheter les boucs et les béliers sur place.

Ce qui énervait Jésus était que ce trafic rivalisait avec le culte lui-même. La course malhonnête aux gains, l’exploitation et l’escroquerie avaient pris le dessus et transformé ce lieu sacré en une caverne des bandits et des voleurs.

Qu’y a-t-il derrière cette colère sainte? Jésus vient purifier le Temple comme signe d’inauguration des temps nouveaux, qu’il avait annoncés à la femme samaritaine: « L’heure vient – c’est maintenant – où les vrais adorateurs adoreront en esprit et en vérité… Ce ne sera ni sur cette montagne (Garizim), ni à Jérusalem que vous adorerez le Père ». (Jn 4,21.23).

Et le signe de ces temps nouveaux ne sera plus le Temple de Jérusalem, mais son Corps. « Détruisez ce Temple et en trois jours je le rebâtirai ». C’est dans la Passion la Mort et la Résurrection de Jésus que nous sommes baptisés, que nous sommes devenus membres de Corps du Christ, et que l’Église trouve sa naissance. C’est dans la mort et la résurrection que le monde se réconcilie avec Dieu. Jésus est le nouveau Temple, lieu privilégié de la rencontre avec Dieu.   Et en ce temps de Carême, la liturgie de ce jour nous invite à faire le ménage de notre corps, en nous débarrassant de tout ce qui encombre notre cœur, C’est le temps de la conversion pour pouvoir célébrer pâques avec les cœurs purifiés.