Homélie, 3e dimanche de Pâques, Année A
1ère lecture Actes des Apôtres 2,14.22b-33
Psaume 15 (16)
2è lecture 1 Pierre 1, 17-21
Évangile Jean 24, 13-35
La résurrection de Jésus est un événement qui fait partie de notre histoire. Elle transforme celle-ci pour en faire une » Relation privilégiée avec Dieu ». Elle nous assure une nouvelle naissance et donne une autre dimension à notre quotidien parce que le Ressuscité marche toujours avec nous, nous instruit, nous console et nous relève… Il est Emmanuel. Mais parfois nous ne le reconnaissons pas.
Reconnaître le Ressuscité en sa compagnie change la tristesse en joie, la peur en audace et donne la Vie là où la mort exerçait son empire: C’est ça la Bonne Nouvelle. L’évangile des disciples d’Emmaüs en est une excellente illustration.
Comme Adam et Ève chassés du Paradis, portant le poids de leur amertume sans savoir où ils allaient, ignoraient que Dieu était sur leurs pas.
De même les deux disciples, dégonflés par la tragédie de vendredi Saint, déçus et désespérés tournent le dos à la Ville Sainte pour retourner à leur village, à leur vie passée. Le fondement de leur existence et leur espérance s’étaient effondrés… nous espérions que c’était lui…
Un inconnu les rejoint, il marche avec eux. Comme ils parlaient de Jésus, Il leur a offert sa présence; mais parce qu’ils doutaient il leur a dissimulé son vrai visage. Il écoute attentivement leurs ressentiments, ensuite il leur explique les Écritures et enfin il partage le pain avec eux. Leurs yeux s’ouvrirent, ils le reconnurent mais le Ressuscité disparait. Eux changent d’itinéraire, ils retournent en ville pour témoigner.
Deux faits majeurs dans ce récit: La Parole de Dieu expliquée allume le coeur des disciples et le partage de pain ouvre leurs yeux. Nos célébrations de messe sont faites sur le modèle de cet évangile pour le même résultat: La Liturgie de la Parole et la liturgie de l’Eucharistie suivie de l’envoi pour aller témoigner forment un tout.
Cet évangile nous sert de guide sur la longue route de notre existence, où nous faisons parfois des expériences douloureuses (deuil cruel, maladie incurable, échec humiliant, revers des économies…) déçus et désespérés, nous pensons que Dieu est la seule personne qui ignore ce qui nous arrive et nous nous demandons parfois où est Dieu ? Mais lorsqu’il nous rejoint et devient présent; nous, nous sommes ailleurs aveuglés par les événements, non seulement malheureux. Les événements joyeux nous aveuglent aussi sur la présence du Ressuscité dans notre vie.
Comment reconnaître le Seigneur qui marche avec nous dans tous les méandres de notre existence? Cet évangile nous enseigne de relire toute notre histoire à la lumière de la Parole que Dieu nous a donnée, c’est à dire avec les yeux de la foi. Cette nouvelle lumière nous aidera à voir plus loin que ce qui apparaît, donnera une autre compréhension de ce qui nous arrive; nous fera découvrir comment il était et est toujours là.
Parfois on entend dire: « Si je n’avais pas suivi le conseil de tel ami, si je n’avais pas croisé telle personne, ma vie serait en ruine ». C’est de cette façon qu’il nous rejoint.
Avec la Parole de Dieu méditée et la communion dans l’Eucharistie, nos routes d’Emmaüs deviennent le pèlerinage avec le Ressuscité.
Abbé L Abraham


