Homélie du 11è dimanche du Temps Ordinaire B, 13 juin 2021
1 ère lecture : Ézékiel 17,22-24
Psaume : 91 (92)
2è lecture : 2Corinthiens 5,6-10
Évangile : Marc 4,26-34
Frères et sœurs en Christ
Après la Pentecôte qui a marqué la fin du Temps Pascal, nous avons repris le Temps
Ordinaire de l’Église qui était suspendu au début de Carême. Que signifie le Temps
Ordinaire de l’Église?
On peut dire que c’est le temps où les chrétiens, imprégnés de la lumière de la Résurrection et remplis de l’Esprit de Pentecôte se tournent vers l’ordinaire de leurs vies pour les transfigurer; c’est-à-dire leur donner la saveur de Dieu. Car, c’est par les chrétiens que le Règne de Dieu arrivera dans l’ordinaire de leurs vies familiales, communautaires, sociales, professionnelles… Le chrétien devient le semeur de la joie et de l’espérance dans le monde.
Ce n’est donc pas un temps vide. Le Temps Ordinaire de l’Église est aussi le temps
d’approfondissement de la foi à l’école de Jésus, car l’élève n’est pas plus grand que son
maître.
À l’école de Jésus, son enseignement est centré sur le Royaume de Dieu; considéré comme
la finalité de la destinée humaine, mais qui doit commencer ici sur terre pour atteindre sa plénitude en Dieu. Dans cet évangile, en bon pédagogue, Jésus pose une question de remue-méninge à ses auditeurs: À quoi pouvons-nous comparer le Royaume de Dieu? Et il attend.
Après avoir écouter toutes les savantes réponses : philosophiques, scientifiques et même
théologiques, Jésus surprend en disant que le Royaume de Dieu est comparable à des
choses simples. – comme une semence mise en terre et qui se développe seule sans que
l’homme ne sache comment. – comme une petite graine de moutarde mise en terre et qui
deviendra la grande de toutes les plantes potagères pour abriter les oiseaux.
Imaginons l’étonnement de l’auditoire de Jésus qui pensait que le règne de Dieu viendrait
après la grande guerre et la victoire contre les méchants et contre les occupants romains
avec l’appui des grandes puissances du ciel… Non ! c’est comme la semence, c’est comme
une petite graine de moutarde. C’est la Parole de Dieu semée en nous qui nous élève. Pour faire triompher le Règne de Dieu, Jésus ne nous demande pas de faire des choses
extraordinaires; mais de faire des choses ordinaires de façon extraordinaire; c’est-à-dire
éclairés par son évangile qui a transformé le monde. Notre monde souffre de deux maladies qui font obstruction à cet enseignement de Jésus; notamment: 1. – la course effrénée à la rentabilité se basant sur les performances individuelles pour des résultats immédiats. Cette folle agitation affecte souvent notre existence chrétienne. Il nous arrive souvent de nous interroger pourquoi l’évangile ne transforme toujours pas le monde? Pourquoi nos enfants n’ont pas suivi notre chemin de la foi alors qu’ils avaient toute notre éducation?
La 1 ère parabole de la semence qui prend son temps est donnée par Jésus pour calmer notre impatience. Jésus nous invite tous à la patience et à la confiance en Dieu le Maître de l’ouvrage, et il nous dit: faites ce que vous devez faire; et laisser à Dieu sa part. 2.- la
deuxième maladie de notre société, c’est la folie de grandeur. Nous pensons que la
grandeur de l’homme dépend de ses grands avoirs, grandes fortunes… Jésus enseigne que
la grandeur vient des petites choses gérées en faisant confiance en Dieu : un verre d’eau,
pièces de monnaie, 2 petits pains… ce sont des petites choses qui rendent l’homme grand.
La petite graine de moutarde deviendra un grand arbre.
Jésus nous enseigne de ne pas confondre ce qui est grand de ce qui est important dans la
vie. Le plus grand dans le monde n’est toujours pas le meilleur. Ensuite le Royaume de Dieu est d’abord l’œuvre de Dieu; nous avons notre rôle à jouer qui est important, mais nous devons faire confiance en Dieu et vivre dans l’espérance.


