Homélie du 13 sept 2020, 24è dimanche Année A,
1ère lecture Ben Sira le Sage 27,30-28,7
psaume 102 (103)
2è lecture Romains 14,7-9
Évangile Matthieu 18, 21- 35
Frères et Sœurs en Christ,
Jésus n’a pas parlé du Royaume des cieux comme une récompense réservée aux siens à la fin de leur pèlerinage terrestre; mais comme un processus qui commence ici sur terre pour atteindre sa plénitude en Dieu après la mort dans le ciel. En d’autres termes, Jésus veut que la vie des disciples que nous sommes dans nos milieux de vie soit un début du Royaume. C’est à dire début d’un monde meilleur où il fait beau vivre: un monde réconcilié avec Dieu et entre tous les membres. Pour cette fin, dans son enseignement Jésus nous a donné des recommandations pouvant nous aider de donner à nos communautés la saveur de Dieu. Dimanche passé la liturgie nous a parlé de la correction fraternelle comme moyen de résolution des conflits entre les membres et aujourd’hui le pardon sans limites. (Lc paille et…)
Le thème de ce dimanche c’est le pardon sans limites. Et Jésus donne une parabole qui explique pourquoi nous devons pardonner sans limites. C’est parce que ce que les autres nous doivent est insignifiant par rapport à ce que nous devons à Dieu qui est le Père de tous.
Le pardon reste la règle d’or pour la vie communautaire saine. Sans le pardon, la vie des couples, des familles, des associations et de la société toute entière devient asphyxiante. Le pardon guérit aussi bien celui qui l’accorde que celui qui en bénéficie. L’Église a élevé le pardon au niveau des sacrements comme signe de la présence de Dieu Lui-même dans notre vie. C’est Lui qui peut nous aider à pardonner aussi. Un directeur d’un centre psychiatrique disait: Si mes patients pouvaient comprendre le sens du pardon, la moitié d’entre eux sortiraient du centre le lendemain…
Mais pardonner vraiment n’est pas facile. Cela doit passer par un dur combat personnel contre les tendances naturelles de l’être humain: Comment pardonner à celui qui a détruit ma vie, ma réputation, ma famille? Le penchant naturel devant des telles situations c’est la vengeance. Chercher à rendre le mal pour le mal, et souvent à l’extrême. La vengeance disproportionnée, cette pratique barbare fut corrigée au 18è s par la Loi de Talion. Un œil contre un œil… Plus tard apparait dans la Tradition juive avec Ben Sirac, la condamnation de la vengeance, de la rancune, de la colère. (1ère lecture). « Pardonne ton prochain le tort qu’il t’a fait; alors à ta prière, tes péchés seront remis ». Mais il faut pardonner seulement jusqu’à 4 fois. On peut comprendre pourquoi Saint Pierre qui était de cette Tradition se croit très généreux lorsqu’il propose d’aller jusqu’à 7 fois. La réponse de Jésus est sans recours. La mesure du pardon c’est de pardonner sans mesure à l’exemple de Dieu. 70×7 fois. C’est à dire pardonner toujours. Le récit de deux débiteurs de l’évangile est une parabole qui nous questionne sur la réalité de nos relations quotidiennes avec les autres frères et sœurs qui doivent refléter celle que nous entretenons avec Dieu. Si le pardon est pour nous difficile envers nos frères et sœurs, ce que nous ne mesurons pas l’ampleur du pardon de Dieu à notre égard.


