Homélie du 28è dimanche ordinaire A. 11 oct 2020

1ère lecture        : Isaïe  25,6-10a

Psaume                : 22 (23)

2è lecture            : Philippiens 4,12-14.19-20

Évangile               : Matthieu 22,1-14

Frères et Sœurs en Christ,
Chaque année, le deuxième lundi d’octobre est réservé à l’Action de Grâce au Canada. Thanksgiving Day, avec un long week-end; le rassemblement des familles pour partager ce que l’on a (des repas somptueux) et ce que l’on est (souvenirs, joie d’être ensemble, les préoccupations, les projets , les espérances…la Vie).
Bien que modelé sur la fête agraire juive des « Tentes », où le peuple remerciait Dieu pour la première récolte en Terre Promise après quarante ans de marches au désert; le Thanksgiving est devenu une fête populaire au Canada et aux USA; toutefois ayant pour sous-bassement la gratitude populaire pour les produits de la terre. En ce temps, les congélateurs regorgent des tomates, des radis, des carottes. Et les silos des maïs, des canola…
Pour nous chrétiens, nous soulignons le sens original et religieux de cette fête en nous posant la question: « À qui disons-nous merci en ce jour? Est-ce aux membres de nos familles? À la terre? Ou à tout ce qui a favorisé la récolte (pluie, vent, soleil, abeilles…)? C’est au Bon Dieu qui commande toutes les forces de l’univers que reviennent notre Action de grâce et notre gratitude collective comme un acte de foi de tout un peuple qui place Dieu à l’origine de tout bien. Aujourd’hui de notre cœur peut monter ce chant: « Tout vient de Toi Ô Père très bon, nous t’offrons les merveilles de ton amour.
La reconnaissance envers Dieu en ce jour se manifeste aussi par le partage avec ceux qui manquent, être conscients que c’est à travers nous que Dieu donne aux pauvres et aux démunis. Aucun juif croyant ne récoltait tout sur son champ, il laissait toujours quelque chose pour les veuves et les pauvres. Aujourd’hui on a des paniers pour déposer ce que les autres pourront prendre. Soyez sûrs, il y aura toujours quelqu’un qui va remercier Dieu par votre geste de donation.
La liturgie de ce Jour illustre bien l’idée de partage à la table du banquet avec les gens trouvés dans la rue, les inconnus, après que les premiers invités aient refusé de répondre en avançant plusieurs raisons comme on le fait encore ajourd’hui. Elle nous instruit aussi sur la destinée humaine; elle nous montre comme sur un ecran l’histoire d’amour de Dieu pour l’humanité qui se termine par un festin des noces: viande succulente et vins capiteux où toutes les nations sont invitées. Mais aussi les réponses des invités: réfus de répondre, violence envers les messagers.. Premièrement Jésus parlait de ses compatriotes juifs qui ont maltraités les prophètes et qui ont rejeté son message et l’entrée des nations dans le plan de salut de Dieu. Mais, les anomalies constatées dans ce recit montrent qu’il ne s’agit pas d’un banquet ordinaire: dire qu’à ce banquet, il n’y aura ni larmes ni la mort; préparer les tables sans connaïtre au préalable les dispositions des invités; non seulement chasser quelqu’un trouvé dans la salle sans habit de noces, alors qu’on l’a pris à pieds levé sur la route, mais le ligoter et le jeter là où il y a pleurs et grincement des dents, montrent clairement qu’il s’agit du jugement dernier. Une invitation à être toujours prèt car on ne connait ni l’heure ni le jour. À garder sa lampe allumée et être en tenue de service. Le vêtement des noces c’est le même que nous avons reçu le jour de notre baptême accompagné des paroles du prêtre:  » Tel..Tu es une créature nouvelle dans le Christ. Tu as revêtu le Christ. Ce vêtement blanc en est le signe. Tu devras garder intacte la dignité des enfants de Dieu jusque dans la vie éternelle ». révisitons notre oui de baptême, et notre profession de foi. Chaque dimanche nous recevons l’invitation pour prendre l’avant-goût de ce banquet éternel dans l’Eucharistie où le prêtre dit: »Heureux les invités au repas du Seigneur ». La vie sur terre est deja une préparation à vivre éternellement avec le Seigneur. Nous sommes invités à garder notre dignité d’enfants de Dieu, par une vie de partage, de pardon, de reconciliation avec tous et en manifestant notre gratitude envers Dieu. Cet habit des noces c’est l’habit de l’amour qui doit remplir toute notre existence.